Burton, Julie Lou

Burton

La relecture d’un livre laisse parfois dévoiler une variation de l’esprit ou de l’affection, une découverte qui peut être brute ou intensément douce. Pour ma part, la seconde lecture de Tim Burton, Entretiens avec Mark Salisbury, a valsé entre les deux sentiments. L’intérêt pour le cinéma et sa production m’a porté profondément à l’inverse de la première fois mais les écrits sur les longs métrages préférés comme Edward Scissorhands, m’ont bouleversé littéralement. Si les studios de Walt Disney ou de Pixar m’ont attendri depuis l’enfance, ce sont finalement les productions cinématographiques de Burton qui ont véritablement construit ma personne et mon idolâtrie pour le septième art ainsi que pour les techniques traditionnelles de l’animation avec Corpse Bride, en partie. C’est pourquoi revenir sur certains longs métrages d’un cinéaste trop longtemps adulé, me tenaient à cœur…

Edward Scissorhands, 1990

De la rencontre avec Depp au cinéma après l’avoir découvert dans 21 Jump Street à l’introduction incroyable des notes du compositeur Danny Elfman, le désordre émotionnel que m’a produit Edward Scissorhands a libéré une frénésie intérieure profonde. L’histoire vue à travers les yeux d’Edward présente une colorimétrie douce et claire du rose au jaune qui contraste avec le cinéma gothique de Burton ainsi qu’avec le manoir du protagoniste interprété par Johnny Depp. Une interprétation parfaite où Edward aux mains d’argent devient Depp ou Depp devient Edward aux mains d’argent. Considéré comme le long métrage le plus personnel du cinéaste, on y découvre un Vincent Price touchant pour ses dernières scènes cinématographiques et l’actrice Winona Ryder angélique et si éloignée de son interprétation dans Beetlejuice de 1988. Et si au fond Tim Burton ou Johnny Depp se reconnaissent dans le personnage d’Edward, je ne peux dire l’inverse aussi pour moi et c’est pourquoi il m’a impressionné et aidé à un point infini…

Burton, Edward Scissorhands, Lou

The Nightmare Before Christmas, 1993

Le coup de cœur inattendu mais intense ! Si les sonorités de Danny Elfman sont encore incroyables avec This is Halloween ou même What’s This ? qui font du long métrage un classique d’Halloween (et aussi de la Christmas Party non ?), ce sont les secrets de ce qui est caché à l’écran qui m’ont vraiment intéressé. The Nightmare Before Christmas a été imaginé d’après une histoire de Burton, directeur artistique et scénariste sur celui-ci. Le script superbe se lie parfaitement à l’art du cinéma d’animation qui se dévoile dans de profonds décors gothiques ou hivernaux et magiques, peints chacun par des artistes des studios Walt Disney. L’insuffisance de saturation pour Halloween se contraste avec le trop-plein de luminosité et de paillettes introduits dans Christmas Town mais il y a tout au long de l’histoire, une poésie avec les complaintes de Jack l’épouvantail ou de Sally, poupée de chiffon. Sans aucun doute, la singularité avec ces détails en a fait l’un de mes longs métrages préférés et encore plus en technique image par image.

Burton, The Nightmare Before Christmas, Julie Lou

Frankenweenie, 2012

Cinq ans, seulement cinq ans mais l’affection portée pour le long métrage reste puissante, comme celle pour le noir et blanc qui n’est un secret pour personne. Le lien si fort avec les chiens n’est pas non plus un secret et c’est pourquoi finalement Frankenweenie était fait pour moi. La technique image par image et les niveaux de gris reflètent à la perfection l’histoire de Frankenstein et il n’y a aucun doute sur les inspirations du cinéaste entre le classique littéraire de Mary W. Shelley ou le long métrage de James Whale, de 1931. La perte d’un ami est d’une tristesse si violente que le scénario ne pouvait que me toucher.

Burton, Frankenweenie, Lou

  1. Je suis en amour devant ton article… Tu parles tellement de Tim Burton et de son univers ! Un vrai bonheur ! J’ai plongé dans son univers toute petite, avec « Nightmare before Christmas ». Je me souviens des affiches qui annonçaient sa sortie au cinéma, et moi suppliant d’aller le voir… Je me suis littéralement prise d’amour pour ce squelette, sa mélancolie, mais aussi sa joie de vivre. Les autres films ont suivi… Mais « Nightmare Before Christmas » restera de loin mon préféré ! Quoiqu’il en soit je partage ton amour pour ce réalisateur et suis je t’avoue bien triste de ne plus le retrouver sur nos écrans ! Je t’embrasse fort !

    • Lou – Author

      Emilie,
      Comme c’est gentil et tendre de te lire, merci infiniment ! J’imagine bien ton affection enfant devant ce long métrage si beau pour sa forme ainsi que son fond. ♡ Edward aux mains d’argent reste de mon côté, mon préféré mais la bande originale de « Nightmare Before Christmas » est incroyable. Je n’ai pas vu les derniers longs métrages de Burton comme « Miss Peregrine et les enfants particuliers » mais vu mon coup de cœur pour le livre, il me tarde de le découvrir !
      Je t’embrasse.

      • Oui Edouard aux Mains d’argent a aussi beaucoup compté pour moi ! Notamment pour la bande son… Elle est magnifique ! Alors pour Miss Peregrine, justement j’aimerai bien que tu le vois pour qu’on puisse échanger à ce sujet ! Parce que moi contrairement à toi je n’ai pas lu le livre et il y a des choses que j’ai eu du mal à comprendre dans la réalisation du film… Bref. Je te laisse le voir et on en reparlera 🙂 Plein de bisous !

        • Lou – Author

          Je suis très curieuse pour Miss Peregrine et encore plus avec ce que tu en dis… Je pense le voir en décembre, enfin j’espère ! Les avis sont plutôt mitigés, surtout des lecteurs justement mais nous en reparlerons oui.
          Je t’embrasse fort Emilie. ♡

  2. J’ai eu la chance de visiter l’exposition de Tim Burton il y a cinq ans de cela, elle était vraiment magnifique et j’étais émerveillée du début à la fin. Je n’ai pas encore vu Frankenweenie mais c’est dans mes projets.

    • Lou – Author

      Quelle chance ! L’exposition de la cinémathèque devait être superbe. Le livre qui la présentait me fait trop de l’œil.
      Pour Frankenweenie, n’hésite pas à me dire ce que tu en penses, une fois vu.
      À bientôt et bon dimanche à toi.

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