First Man – le premier homme sur la Lune, de Damien Chazelle, Julie Lou

First Man – le premier homme sur la Lune, de Damien Chazelle

Décrocher la Lune. Damien Chazelle l’avait un peu fait à mes yeux avec la création de La La Land, et même (ou surtout) Whiplash, ses deux précédents longs métrages, mes coups de cœur cinématographiques les plus intenses. Mais a-t-il avec First Man – le premier homme sur la Lune, décroché encore une fois cet astre si lumineux ?

Il n’y a aucun doute pour moi après deux heures et vingt-deux minutes en salles obscures. Malgré mon affection démesurée pour le cinéma de Damien Chazelle, certaines appréhensions s’étaient immiscées dans mes pensées avant mon introduction dans celles-ci. Loin du Jazz pour la première fois, ce long métrage est également le premier sur lequel le cinéaste n’est pas l’auteur ; First Man – le premier homme sur la Lune est une adaptation du roman de James R. Hansen, First Man – The Life of Neil A. Armstrong. Quarante neuf ans après le premier alunissage, Damien Chazelle dévoile l’histoire personnelle de l’astronaute américain en revenant sur l’événement décrit comme « mythe universel » de l’Histoire des États-Unis. Avec un cadrage serré sur le visage de Neil Amstrong, de ses proches et de son entourage professionnel, le portrait se devine intime, rempli d’une émotion qui porte plus loin que la Lune encore. L’événement hors du commun est même à mes yeux dépassé par ce qui se passe autour de celui-ci. Pour intensifier ce voyage dans le passé et non seulement dans l’espace, Damien Chazelle transporte avec une mise en scène aboutie et un grain sur l’image aux nuances des productions cinématographiques des années soixante, soixante-dix. Ainsi, la volonté remarquable du cinéaste d’apporter un angle documentaire se devine.

Pour insister encore sur ce fait, les sonorités de Justin Hurwitz, fidèle compositeur sur La La Land et Whiplash, pèse le silence, contrairement à celles créées pour mettre en lumière le Jazz sur les précédents longs métrages. Le mutisme dans First Man – le premier homme sur la Lune a une importance considérable, et serre le cœur de la première à la dernière scène. La bande originale avec ses notes de piano, de thérémine ou de harpe souligne l’interprétation prodigieuse des acteurs.

Une si belle interprétation oui ! Ryan Gosling qui incarne Neil Amstrong m’a encore une fois impressionné même si un petit détail m’a quelque peu chiffonné… La voix française de l’acteur canadien n’est cette fois-ci pas assuré par Alexandre Gillet et je dois bien avouer avoir été dérouté par les premiers mots. J’espère ainsi le découvrir en version originale afin de profiter de l’intégralité de cette interprétation ainsi que celle des autres acteurs, comme celle de Claire Foy, dans le rôle de Janet Shearon, l’épouse de l’astronaute qui m’a littéralement bouleversée.

J’espère que ces derniers, les compositions de Justin Hurwitz et la prouesse technique signée Chazelle conquerront les salles obscures, à défaut de conquérir la Lune. Et l’expression « Une fusée vers les Oscars » sonne pour moi d’une immense justesse.

Souhaitez-vous découvrir ce long métrage au cinéma ?
Vous êtes-vous déjà plongé dans l’une de ses précédentes créations ?

  1. Mince, je ne sais pas si il est encore en salle. Mais je suis beaucoup allé au cinéma ces derniers temps et je n’ai plus trop les moyens d’y retourner ahah… J’avais très envie de voir ce film et tu me donnes encore plus envie. Au cinéma, ça devait être plus agréable, mais je le regarderai dès qu’il sortira et j’achèterai peut-être le DVD. Merci pour ce bel article 🙂

    • Julie Lou – Author

      Il est sorti il y a quelques temps c’est vrai donc il ne doit plus être disponible dans tous les cinémas malheureusement. C’est vrai qu’il mérite un visionnage en salles obscures mais chez soi, dans son cocon, c’est très bien aussi. L’important est de le découvrir, il est vraiment superbe et se distingue des autres longs métrages sur cette thématique.

    • Julie Lou – Author

      Exactement ! Il est si intense que je vais prendre le temps pour aller le redécouvrir, il m’a vraiment bouleversé.

  2. Je ne sais pas si j’aurai l’occasion d’aller le voir au cinéma mais j’espère en tout cas voir ce film un jour, tu m’en donnes bien envie 🙂

  3. « Une fusée vers les Oscars », je ne sais pas, mais en tout les cas une très belle réussite dont les qualités ont été parfaitement soulignées dans l’article. Sur les conseils de Spielberg (le papa du gamin au vélo qui passe devant la Lune), Chazelle s’empare à sa manière d’une page de l’Histoire américaine, d’un évènement majeur de l’Histoire de l’humanité, mais s’intéresse d’abord à ce drame personnel qui marqua à vie l’astronaute le plus célèbre. C’est donc une passionnante approche du sujet qui marie l’intime au grandiose, mis en musique dans une mise en scène remarquable (une « Lunar rhapsody  » comme celle embarquée à bord de la capsule Apollo).

  4. J’ai failli aller le voir hier, et puis… j’ai me suis dégonflée. Je ne suis pas fan d’habitude des films sur l’espace, alors…
    Je vais peut-être aller le voir (en VO) bientôt, qui sait ?
    Et j’ai adoooooré La La Land, je partage ton enthousiasme concernant ce film <3
    Des bisous<3 et à bientôt !

    • Julie Lou – Author

      J’espère que tu le découvriras. Il est très différent du superbe La La Land mais très beau à sa manière. Et en version originale, ce sera le meilleur choix, c’est certain !
      Tiens moi au courant si tu le découvres surtout. ♥️

      • Je l’ai vu aujourd’hui en anglais ! J’ai bien aimé, la musique est très belle et c’est assez précis historiquement, malgré quelques scènes un peu longues… 🙂

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