La Forme de l'eau, Guillermo del Toro et Daniel Kraus, Julie Lou

La Forme de l’eau, de Guillermo del Toro et Daniel Kraus

Loin d’être mon genre de prédilection, le titre fantastique La Forme de l’eau de Guillermo del Toro et Daniel Kraus m’a néanmoins longtemps attiré. Par sa couverture aux reflets argentés et au format relié, créée par la maison d’édition Bragelonne qui se remarque en librairie, mais aussi par les extraits du long métrage lié, primé et sélectionné une centaine de fois en festivals. Et comme je préférais découvrir cette histoire avec des mots plutôt que des plans cinématographiques, malgré le fait qu’il n’y a aucune adaptation entre l’un ou l’autre, j’ai fini par céder pour l’imprimé.

Ce conte poétique est un voyage dans le passé, plus précisément dans les années 60 aux États-Unis. Une créature des eaux mystérieuse est capturée par un soldat envoyé par l’armée américaine, Richard Strickland afin de la confier au Professeur russe Hoffstetler qui est censé l’étudier au Centre Occam de recherche aérospatiale de Baltimore, où travaille aussi chaque nuit Elisa Esposito, muette de naissance et son amie Zelda en tant qu’agent d’entretien. Un soir, fascinée par le secret qui se cache derrière l’une des portes du laboratoire, Elisa découvre cet être aussi obscur qu’étincelant et devient obnubilée par sa présence. Une forme de communication précise leur attachement l’un à l’autre mais rien est rose dans cette société où se confronte l’URSS et les États-Unis, et la créature se devine comme l’un des aléas de ces conflits. À partir de ces derniers, le soldat Strickland déséquilibré et les russes se la disputent, sans jamais penser à son bien-être et sa dulcinée décide ainsi de l’aider envers et contre tout pour retrouver sa liberté.

L’histoire est aussi mystérieuse que puissante. Les premiers chapitres ont quelques longueurs mais une fois les premières péripéties passées, la lecture est addictive. De par la forme d’ailleurs qui est atypique, avec une narration alternée qui donnent les points de vue de six personnages distincts. Et non, ce n’est pas que pour la forme, ce puzzle se dévoile si important pour le développement du roman. L’intrigue liée à la créature des eaux émeut mais les auteurs n’en restent pas là. Guillermo del Toro et Daniel Kraus en profitent pour dénoncer la société des années 60 (et peut-être l’actuelle finalement…), avec les blessures de chaque personnage. Entre la violence et la poésie, la tolérance est de mise et prouve la profondeur de La Forme de l’eau. Honnêtement, il n’a pas été simple pour moi de clore ce livre sans perle de pluie, il a été un coup de coeur jusqu’à la dernière ligne, et les dessins oniriques en noir et blanc qui se dévoilent au fil du roman n’a fait que l’accentuer. Il m’a enfin confirmé la volonté de me plonger dans d’autres histoires de ce genre, et l’automne n’est-elle pas la saison parfaite pour cela ?

Avez-vous découvert par l’une de ces deux formes ce conte poétique ?

Elle était plongée dans un rêve profond, doux et chaud, et elle veut y retourner rien qu’une minute. Mais comme toujours, son rêve se dérobe à sa poursuite consciente. Il y avait de l’eau, de l’eau noire – ça, elle s’en souvient. Des tonnes d’eau qui l’entouraient de toutes parts ; pourtant, elle ne se noyait pas. En fait, elle respirait mieux qu’elle ne le fait dans sa vie éveillée, dans des pièces pleines de courants d’air, dans la bouffe bon marché et l’électricité crachotante.
  1. Oh mais ça donne vraiment envie ! Je pensais que ce livre était la version imprimée du scénario du film, du coup je ne m’étais pas arrêtée dessus. Mais du coup avec ton article ça change tout ! Merci Julie 🙂

    • Julie Lou – Author

      C’était ma première idée également, je pensais que c’était la même adaptation que Les Animaux Fantastiques par exemple mais finalement c’est bien, un très beau roman que je te conseille mille fois !

  2. J’ai bien sûr entendu parler du film mais je ne savais même pas qu’il en existait un livre ! Merci pour ta chronique car j’ai très envie de le lire maintenant, d’autant plus que la couverture a l’air magnifique.

    • Julie Lou – Author

      Je suis ravie de savoir que j’ai pu te le faire découvrir dans ce cas ! Et oui, si tu le trouves en librairie, tu vas avoir du mal à résister. C’est pour ma part l’un des plus beaux romans de ma bibliothèque.

  3. Fleurdejuin

    Je l’avais longuement admiré dans un rayon d’une librairie, j’avais hésité puis finalement je ne l’avais pas pris. Je préfère toujours découvrir les mots avant les plans cinématographiques comme tu le dis si bien. Je n’ai pas encore eu la chance de découvrir le film bien qu’il soit sur ma liste. Mais je compte bien découvrir le livre avant cela, ton article m’a encore plus donné envie de le lire. Cette fois ci je n’hesiterai plus quand je l´aurai dans les mains. Merci pour ton article. Et cela faisait bien trop longtemps que je n’étais pas venue ici, j’ai complètement abandonné mon blog, plus l’envie, après une mauvaise expérience j’ai voulu tout arrêter. Mais en tout cas ton carnet de lecture est toujours aussi magique.
    Je te souhaite une très belle journée.
    Je t’embrasse.

    Alicia

    • Julie Lou – Author

      Il faut dire que l’édition pour ce livre est incroyablement belle. C’est ce qui m’a le plus attiré, et aussi pour les critiques sur la création cinématographique, je dois bien l’avouer mais finalement l’histoire est superbe et j’espère que tu pourras la découvrir. ♡
      Sache que je suis très heureuse de te lire ici, et j’espère que tu reviendras que ce soit dans les commentaires ou dans un blog à toi. J’aimais vraiment beaucoup lire tes chroniques, et découvrir tes photographies.
      Je t’embrasse fort Alicia.

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